Le thème proposé par ce Cycle d'Études de l'Imaginaire constitue un défi pour les spécialistes de l'éducation parce qu'il est encore peu exploré dans les études scientifiques et herméneutiques de l’imaginaire. La première question posée est de savoir si dans le domaine de l’éducation on peut parler du thème et de la pratique du secret, entendu comme ce qui devrait rester caché. Ou, bien au contraire, est-ce que l'éducation devrait plutôt rendre compte de la transparence demandée par les différentes utopies totalitaires, comme dans 1984 d’Orwell et l’Admirable Monde Nouveau de Aldous Huxley, où le secret était puni? Dans ce contexte on souligne que l'objectif de ce forum thématique est celui de concilier les dimensions de la discussion et de la réflexion sur l'imaginaire et la culture du secret dans l'éducation. Sous-jacent à la propre organisation socioculturelle, le secret se manifeste dans toutes les dimensions de la vie et, par conséquent, dans l'éducation qui implique toujours le rapport, au moins, entre deux sujets. Dans le cas de la relation pédagogique, quoique, d’une part, elle s’affirme rationnelle et objective, et d’autre part elle s’offre symboliquement à la médiation de l'image, crée malgré tout une multitude de sens qui la transfèrent dans le domaine de la fantaisie et de l'imagination. Par conséquent, c’est par la nature symbolique et imaginative de la relation pédagogique qu’on peut accepter d’envisager autrement la relation entre maître et disciple, entre professeur et étudiant. Cette relation est toujours fondée sur une conception donnée d’éducation qui peut faciliter, ou non, le dévoilement ou l'occultation de secrets. Cela dit, nous pensons être pertinent de poser les questions suivantes afin de susciter l’adhésion de tous ceux qui s’intéressent au thème de la relation entre le secret et l’imaginaire dans les Sciences de l’Éducation: est-ce que l’éducation doit s’engager, dans le sens de educere, à déceler la “vision du monde” du sujet qui apprend ? En d’autre termes, chercher au fond de sa mémoire les apprentissages archétypales du temps immémorial, ou, si au contraire, elle doit oublier, dans le sens de l'educare, ce patrimoine historique-archétypal et s’orienter plutôt vers une formation exogène qui ignore précisément de ce que le sujet lui-même “cache”, c'est-à-dire, ses virtualités et potentialités? Quelles modalités du secret peuvent être trouvées dans l'éducation? Et l'éducation scolaire, comment peut-elle être envisagée? Comme une révélation? Comme une occultation? Comme une manipulation? Comme une discrimination? Comme une dissimulation? Comme un endoctrinement? Voici quelques questions qui peuvent orienter les discussions du forum.