Pour instiguer les rêveries poétiques et les discutions conceptuelles de ce Forum, on pourrait prendre pour épigraphe l’affirmation de Pierre Brunel : « …l’homme est une énigme pour lui-même, dont le monstre, la Chimère (corps de chèvre, tête de lion, et queue de serpent) et cette autre fille d’Equidna qui est le Sphinx (tête de femme, cops de lion, aile d’aigle), peuvent être l’emblème. Désir de voler, comme Icare, mais comme lui rivé au sol ». L’auteur, peut-être inspiré aussi par G. Bachelard, offre comme suggestion, trois modalités de l’imaginaire du secret : l’imaginaire de l’évanescent (autour du mystère), l’imaginaire du défi (autour de l’énigme), l’imaginaire de l’occulte (autour du secret intime). Chez Gaston Bachelard le thème se trouve disséminé partout dans son œuvre, aussi bien épistémologique que poétique, et assume toujours de nouvelles facettes – soit dans les œuvres sur le temps, ou sur la poétique de l’espace, sur la poétique de la rêverie, sur le droit de rêver, sur l’imagination de la matière par rapport aux quatre éléments – terre, feu, eau et air. Nous proposons donc dans ce Forum de rechercher dans l’œuvre de Bachelard inspiration et guide conceptuel pour déchiffrer les dynamiques de l’imaginaire du secret.